Proposé en quantité limitée pour la seconde fois par Graanstokerij Filliers, ce whisky de seigle est âgé de trois ans.

Une année est passée sans mise sur le marché, puisque la première édition, un 4 ans d’âge, était arrivé en 2016.

Cette première édition quant à elle ne donna lieu qu’à 2050 bouteilles, contre 6000 en 2018.

Elle bénéficiait de la même maturation, pour un volume d’alcool légèrement supérieur, 45%.

Proposé à un prix approximatif de 30 ou 35€, pour un conditionnement de 50cl, celui-ci se place sur le créneau des entrées de gamme, voyons s’il s’agit néanmoins d’un produit dans lequel cette somme reste un bon investissement!

Enfin pour ne rien cacher, je ne suis pas un grand fan de seigle, il me faudra user de toute mon objectivité afin de ne pas m’égarer.

La note :

  • Sunken Still 3Y « Belgian Single Rye Whisky » 2015 / 2018. Bourbon Casks. 6000 Bottles. 42%.

Nez :

Ce qui me vient à l’esprit c’est, vigueur, générosité et limpidité. Déjà j’ai le sentiment que mon interrogation sur l’utilité d’un long finish lors de ma dégustation du Goldlys Oloroso, obtient une première réponse, aucune! C’est gras et reflète franchement ses origines, ça sent le seigle. Il y a de l’acidité, mais aussi quelque chose qui tient du gruaux d’avoine. Pas mal, avec des agrumes associées à du miel doux, de la vanille. L’ouverture va laisser s’exprimer la noix de muscade, ainsi qu’un très beau caramel.

Bouche :

Premier constat, cela pourrait être plus puissant, mais je respecte la volonté. Des épices d’abord, muscade et tout de suite derrière de la céréale, du pain bien cuit. D’accord, nous sommes dans le seigle, les deux pieds dedans, ce n’est pas d’un complexité folle, mais ça tient la route, c’est cohérent, sans défaut. 

Finale :

Nous retrouvons des notes beurrées, de pain humide, des épices. Ensuite viendra s’installer un peu de sécheresse, de la noix fraîche.

Donc la question était, est-ce un rapport qualité prix convenable ? Pour moi oui!

Je suis certain que sur une base de malt d’orge, cette distillerie pourrait marquer des points.

Un peu d’histoire :

Sunken Still, littéralement l’alambic noyé, tient son nom d’un fait historique.

Lors de l’invasion de la Belgique par l’ennemi, durant la première guerre mondiale, les employés de la distillerie Filliers préférèrent plonger la cuve de distillation en cuivre dans la rivière « Rekkelinge » toute proche, plutôt que de l’abandonner à un recyclage en vue de produire de l’armement. 

Filliers est une entreprise familiale belge, située à Deinze, en Flandre Orientale.

Les débuts de la distillation remonte à la première moitié du 19ème siècle, dans un local adjacent à l’exploitation agricole de Karel Lodewijk Filliers.

C’est bien entendu cet alcool de grain bien belge, le genièvre qui coulera de manière totalement artisanale.

C’est également à cette période que naîtra la génération qui développera l’activité, en la personne de Kamiel Filliers.

1880 sera l’année de la production à grande échelle, avec une mécanisation basée sur la vapeur.

Durant cette même décennie, la troisième génération, Firmin Filliers verra le jour. 

Ce même Firmin Filliers qui mettra dès 1928 la recette du Gin 28 au point.

Les générations se suivront et traverseront les guerres avec l’obsession de faire prospérer l’entreprise.

En pratique cette prospérité tiendra d’une part sur la préservation des produits et méthodes traditionnelles, mais aussi sur les innovations.

En 1970 apparaîtra le fameux Advokaat, ce mélange de genièvre, de crème et d’œufs frais, je dis fameux car tous ceux de ma génération le connaisse, il était dans l’armoire de nos grands parents et il est parfois encore dans celle de nos parents, voir la nôtre.

Les genièvres aromatisés aux jus de fruits frais arrivèrent au milieu des années ’80, suivis en 1998 par les crèmes de genièvre, toujours issues d’un mélange d’ingrédients naturels.

La distillerie connaîtra un lifting complet en 2006, avec une modernisation des installations.

A la suite de quoi une série de reprises auront lieu, comme la Vodka Van Hoo, le Genièvre Van Hoorebeke et plus tard Wortegemsen.

Et le whisky là dedans ?

Et bien il apparaît en 2007, avec la gamme Goldlys, probablement l’un des premiers produit en Belgique.

Du single grain, single cask, aux finitions telles que Olorosso ou Madeira, dont vous pourrez trouver les notes de dégustation ci-dessous.

Sunken Still dans tout cela arrive en 2016, toujours de manière limitée, version sans finition, hommage donc au passé de la distillerie.

Je n’ai jamais visité la distillerie, mais si j’y suis invité ce sera avec plaisir.


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