Évalué par Martin Vigneault

50% alc./vol.
Distillerie Port Ellen, Port Ellen, Islay, Écosse

La dégustation spéciale sur les distilleries perdues du Club de Scotch Whisky de Québec se conclut sur un malt proprement épique, issu du Moby Dick des distilleries, au moins aux yeux des collectionneurs de whisky, le Port Ellen 25 ans.

Inaugurée en 1825 sur l’île d’Islay, Port Ellen est vraisemblablement la distillerie dont les produits singuliers attirent le plus les fins connaisseurs de scotch. Elle devint la première distillerie écossaise à exporter ses produits aux États-Unis en 1836. Ses années d’activité s’apparentaient beaucoup à des montagnes russes, fermant en 1929 pour réouvrir en doublant sa capacité de production en 1966, uniquement pour fermer définitivement ses portes en 1983 alors que la popularité des single malts en général en était à son plus bas.

Aujourd’hui, la distillerie demeure la propriété du groupe Diageo, et seule son usine de maltage demeure active. Depuis 1973 elle alimente les autres distilleries d’Islay en orge maltée, ainsi que Tobermory sur l’île de Mull.

La quantité restante de malt Port Ellen dans le monde est un des secrets les mieux gardés de l’industrie. Diageo et quelques embouteilleurs indépendants (dont Douglas Laing, qui a embouteillé l’expression de ce soir sous sa marque Old Malt Cask) mettent en marché depuis environ 1995 une infime quantité de bouteilles par année, que qui dote tout embouteillage de Port Ellen d’une rareté précieuse. Mais ce n’est heureusement pas juste sa disponibilité qui rend Port Ellen unique, elle porte aussi sur ses épaules une réputation d’équilibre et de finesse insurpassable. Dommage que peu de gens puissent profiter de ces expressions légendaires…

Pour citer le célèbre politicien russe qui fonda l’Armée rouge, Lev Davidovich Bronstein, mieux connu sous le nom de Léon Trotsky :

Qu’advient-il du trou lorsque le fromage a disparu ?

Nuance mythique, d’une pâleur digne des vins blancs les plus frais…

Nez:
Air salin, feuilles de nori, tourbe, iode, céréales séchées, bonheur, regret, mélancolie à l’idée du sort réservé à l’Atlantide des distilleries de l’Islay. Pourquoi, pourquoi, pourquoi a t-il fallu qu’elle mette la clé dans la porte?

Bouche:
Tourbe fruitée alléchante, feu de camp humide et camping d’automne. Très doux pour sa force, rappelle un Lagavulin avec une touche de finesse en moins.

Finale:
Vent médicamenteux rappelant un Bowmore plus étoffé. J’en veux encore. D’une qualité brute incroyable.

Équilibre:
Une des pertes les plus tragiques pour l’industrie du Scotch Single Malt Whisky.

Note: 4/5

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