Évalué par Martin Vigneault

46.3% alc./vol.
Distillerie Tobermory, Tobermory, Île de Mull, Écosse

Les astres sont alignés, en guise de dernier article de 2013, on se tape le dernier service de la dernière dégustation de l’année au Club de Scotch Whisky de Québec, lui aussi issu de la distillerie Tobermory, le légèrement plus vilain Ledaig 10 ans.

Bien peu de gens le savent, mais la distillerie Tobermory s’appelait en fait la distillerie Ledaig lors de sa fondation en 1798. Ce n’est qu’en 1975 que la distillerie abandonna le nom de Ledaig, prononcé en gaélique “led-chig” et signifiant “havre de paix”. La ville éponyme aussi traversa cette crise identitaire à peu près à la même époque.

Le whisky Ledaig lui même est relativement plus tourbé que le Tobermory, car il utilise du malt ayant été tourbé à Port Ellen, sur l’île d’Islay.

Comme le disait si bien encore une fois le cardinal Léger, surtout dans le temps des fêtes :

La conscience ? Elle n’empêche jamais de commettre un péché. Elle empêche seulement d’en jouir en paix !

Couleur d’un jaune pâlotte qui crie la tourbe.

Nez:
Une traînée de fumée de tourbe et de phénol surplombe une trop petite communauté de citron, de cuir, de pin, de noix et d’huile d’olive de façon savoureusement sinistre.

Bouche:
Surprenant, huileux et épicé en bouche. Des notes de miel et de citron, agrémentées d’herbe et de noix salées, sont au rendez-vous.

Finale:
On laisse de côté les fruits et le sucre pour tomber ici dans la boucane de tourbe, le cuir et les feuilles de tabac à pipe. Poivre et médicaments s’étirent un peu et finissent par se chicaner à mon grand dam.

Équilibre:
On reste tout de même loin des monstres tourbés de l’Islay, mais cette expression de Mull digne de mention reste toutefois solide. Je pourrais recommander sans honte cette expression, accompagnée du Tobermory 10 ans, pour quelqu’un qui souhaite avoir une idée de ce qui se fait dans les îles moins connues de l’Écosse.

Note: ★★★★★

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