Évalué par: Thomas Favre

 

Fêter ses 200 ans ce n’est pas donné à tout le monde. La sortie d’un 8 ans réduit pour cette occasion avait donc suscité un peu d’étonnement. Voyons donc comment s’en sort ce jeunot et s’il s’avère à la hauteur des attentes de ses fans…

Nez : dès le départ, on voit que la conception n’est pas de représenter la tourbe violente. Très peu de fumée et pas de carné. On est sur un profil marin que l’on attribuerait plutôt à un Bowmore ou à un Laphroaig : des algues, du médicinal et de l’iode principalement mais aussi des végétaux et un peu de camphre. On a alors quelques marqueurs plus bruts mais très subtils (mazout, poisson type maquereau). Étonnamment, on s’aperçoit rapidement que les dominantes sont autour du vin blanc minéral et de la poire compotée. C’est un profil qui ne vise pas la variété mais l’équilibre dans la jeunesse et le consensus. On ne peut pas lui donner tort, c’est réussi mais on en a assez vite fait le tour. Je reste pour le moment un peu dans l’expectative.

Bouche : la texture est très ronde avec une belle présence et la tourbe est moins discrète. L’aspect marin (et végétal) décrit au nez est toujours là mais on débute avec une certaine profondeur de fumée. La seconde partie de bouche est plus minérale avec toujours cette compote de poire en ligne de mire. On a également des fruits secs (noix de pécan) qui arrivent avec une bonne dose de sel. L’ensemble est moins passe-partout qu’au nez (légèrement). Dans sa simplicité, il réussit à être intéressant et droit au but même si cela reste un profil bien sec en bouche.

Finale : on est sur quelque chose de plus austère avec un regain de minéralité, une pointe de citron et des fruits secs. Le tout est associé à de la fumée qui se poursuit sur l’arrière-bouche avec de la mandarine et du sel marqué. On reconnaîtra une belle persistance mais une longueur « pure » plutôt réduite.

Un Lagavulin qui rompt un peu avec ses codes habituels mais qui propose un distillat de plutôt bonne qualité. Toutefois, cela reste simple et l’accessibilité se fait au détriment de la personnalité au nez. Un Islay bien en place mais un Lagavulin pas vraiment mémorable.

Note: 85

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