Évalué par: Thomas Favre

 

La dernière édition du Lagavulin pour le festival d’Islay, Feis Ile, était une fois de plus vieillie dans des fûts de sherry. Après la version 2009 un peu sauvage et un 2013 décevant. Serait-ce l’année de la réconciliation avec une certaine grandeur ?

Nez : c’est puissant avec une jolie tendresse. La tourbe est assez verdoyante et un peu fermière tandis que l’on discerne de l’humus et du bourgeon de cassis. Mais ce n’est pas tout, il y a du potimarron, du gras de noix, de l’iode, du sucre roux et du paprika. Plus tard, on perçoit du jambon fumé et de l’olive noire alors que la cendre vient faire une petite apparition. L’orange confite est la dernière à se manifester. Un très beau nez, ciselé et fin donnant un joli nuancier de tourbe avec quelques friandises et pas mal de sel.

Bouche : une belle texture bien soyeuse et un alcool parfaitement intégré. L’équilibre est de mise avec une tourbe entre fumée timorée et verdure. D’entrée, on a du cassis, du chocolat noir amer, de l’olive, de l’orange, le tout saupoudré d’un bon sachet de sel. La puissance permet de donner du corps à toutes les facettes de cette bouche très propre. Un brin de tourbe en plus aurait été souhaitable mais il s’agit là d’un détail, il faut le reconnaître.

Finale : la finale conserve une belle profondeur aromatique, la même que perçue en bouche, avec un peu plus de terre en arrière-bouche. Une persistance plus marquée aurait été la cerise sur le gâteau.

Assurément un excellent Lagavulin, bien plus subtil que ces cousins parus lors du Feis Ile. Un dram racé, à qui il manque un peu de pouvoir d’évocation et d’énergie pour nous subjuguer par son mélange de tourbe, de sel et de sherry.

Note: 91

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