Si on parle souvent de ces Glendronach comme de belles surprises sherry, il faut avouer que les batches subissent des variations de qualité. Nous avons donc décidé de tester les deux dernières bouteilles en date, respectivement le batch 4 et le batch 5…

Il s’agit certes d’assemblages mais dans les deux cas on a bien des fûts de Pedro Ximenez et des fûts d’Oloroso. On va donc pouvoir juger de la qualité des alliances et si les profils suivent une même ligne directrice ou non. C’est parti !

Le nez

En ce qui concerne la sensation globale, le batch 4 (b4) est ample, il tapisse les narines tandis que le batch 5 (b5) est puissant mais sans réelle prise de pouvoir des arômes.
Il est assez difficile de les comparer tant les stratégies adoptées semblent différentes. Mais tentons tout de même notre chance.

Les éléments communs sont la cannelle et le chocolat. Sortis de ces arômes prosaïques pour du sherry, on a un affrontement de style.
B4 penche plutôt vers les fruits à coques tandis que B5 se concentre sur les fruits secs (dattes, figues, abricots secs).
Cette opposition est symptomatique d’un duel où se bat la sécheresse (B5) contre la rondeur (partielle ou totale pour B4).

B4 est clairement supérieur par sa capacité d’expression mais également par ses choix. La Pralinoise apportent beaucoup de gourmandise autour des fruits secs et, même quand il se fait moins aisé (phase plus épicée), il rebondit avec des touches de fruits blancs.
B5 lui opte pour un mix qui reste très décentré, hors des limites du sherry (végétal, floral, gingembre) puis qui offre du boisé/épicé. C’est moins fun et les combinaisons ne font pas mouche.

AVANTAGE B4

La bouche

Dans les deux cas, la bouche est un peu alcooleuse même si la dilution permet d’y remédier.
La configuration que l’on a décrite pour le nez est toujours valable. B5 est un peu prostré avec ses notes champêtres qui n’aident pas à élever les saveurs sherry assez classiques qu’il développe.
Au contraire B4 rejoue le même acte : sans eau, un sherry qui envoie la cavalerie lourde alors que, dilué, il développe des notes plus équilibrantes.

Le seul point de convergence semble être la part herbacée, bien que B5 en soit bien plus pourvu.
Tout est affaire d’efficacité dans les familles de saveurs.

AVANTAGE B4

La finale

les deux finales sont longues et pourvues d’une persistance bien suffisante. De même, la sécheresse monte d’un cran pour les deux drams, rendant cette étape moins appréciable.

Si B5 est plus extrême, il se rapproche du B4. En effet, on retrouve le chocolat/cacao, l’orange et les épices. Toutefois, ils apportent une sensation plus sèche sur la langue de manière différente (boisé pour l’un, végétal pour l’autre).
Le B4 ressort encore gagnant du fait d’un équilibre plus maîtrisé que celui du B5.

AVANTAGE B4

Conclusion

Si le batch 4 est sans aucun doute au-dessus du batch 5, c’est parce qu’il fait les choses simplement mais efficacement. Il est plus gourmand, plus juste même s’il ne joue pas la carte de la finesse. On peut lui reprocher un manque d’élégance et une finale moins glamour mais il n’est pas inquiété par ce décevant batch 5, probablement le moins bon sorti jusqu’à présent.
Des notes végétales, florales, épicées et boisées cela fait beaucoup pour un seul dram surtout quand il essaie de nous vendre des notes sherry, au final, assez basiques.

Cela prouve bien l’inconstance que l’on peut déceler d’un batch sur l’autre et qui était déjà très frappante sur les éditions du Glendronach 15 ans Revival.

Si vous hésitiez, vous voilà prévenus !

Les notes de dégustation complètes se trouvent ici :
Glendronach Cask Strength batch 4 54,7% OB 2015
Glendronach Cask Strength batch 5 55,3% OB 2015

Categories: Chroniques

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