Dalwhinnie – 1973/2003 – 29 ans – 57,8% – OB – Limited Edition :

Sorti du Winter’s Gold et des « The Distillers Edition », on a rarement l’occasion d’explorer les méandres des productions de Dalwhinnie. Cette édition limitée à 5220 bouteilles titrant encore à près de 58% devrait nous permettre d’apercevoir les effets d’une maturation longue…

 

Nez : le miel et les grains de pollen donnent le ton tandis que l’on a quelques notes herbacées qui font leur apparition : coriandre fraîche, thuya et persil. A cet instant, une note de vernis à bois s’immisce dans le profil tandis que les confitures entrent dans la mêlée (abricot, tomate). La gelée royale, une pointe de bois et de la compote pommes-cannelle-rhubarbe finissent cette première partie, charmeuse à souhait mais qui semble avoir un plafond de verre en termes de diversité. Mais ne soyons pas chafouin, l’ambiance est chaleureuse et les parfums parfaitement mis en avant. Hormis un peu de poivre blanc, de l’orgeat et de bergamote, il ne semble plus se mouvoir. L’ajout d’eau lui permet de se faire plus puissant mais sans pour autant gagner en cisèlement.

Bouche : c’était attendu mais on retrouve cette bulle de miel qui envahit immédiatement le palais, tapissé d’entrée. Toutefois après le malt, la bergamote et la mandarine, on repasse sur un profil plus verdoyant. On découvre à nouveau la coriandre et le thuya mais également de la cardamome et de la badiane. La seconde partie de bouche se gorge de quelques fleurs blanches mais surtout retrouvent du bois sec et des fruits saupoudrés de sucre. Exit la confiture et la densité, bienvenue à la richesse proche de la sucrosité. On a clairement perdu en faste mais dans un exercice périlleux, cette bouche retombe sur ses pieds avec une opposition pertinente sucre/miel-végétation/bois. L’ajout d’eau le neutralise un peu avec une homogénéité qui n’est pas forcément la bienvenue. Quoi qu’il en soit cela demeure efficace.

Finale : elle est longue et persistance avec une expressivité qui garde sa force. On retombe sur les agrumes, les herbes fraîches et les fleurs évoquant par moment un Lowlander. L’arrière-bouche, malgré le reliquat miellé, est plus sèche avec de la cannelle et de la rhubarbe qui reviennent sur le devant du palais. L’ajout d’eau conforte la puissance avec une amertume issue de l’agrume plus franche.

 

Music-pairing : The Balfa Brothers – La danse de Mardi Gras

 

Résumé : Un très bon Dalwhinnie, avec un nez où le champ lexical du miel semble se tailler la part du lion et une bouche où le contraste entre amertume et sucreries s’émancipe. Pas toujours très fin ni éminemment complexe, il marque des points grâce à sa générosité.

 

Note : 88

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