40% alc./vol.
Hiram Walker & Sons Limited, Windsor, Ontario, Canada

C’est le moment de s’attarder sur un petit whisky bien de chez nous, venu tout droit du bas de la pyramide, pour souligner la Journée de la Confédération. Tout le monde connaît bien le Canadian Club, ou CC dans certains cercles, mais bien peu de gens savent qu’en réalité, il n’est même pas tout à fait originaire du Canada.

C’est en 1858 que Hiram Walker fonda sa distillerie à Detroit, au Michigan. À l’époque, son whisky était vu comme révolutionnaire car il était vieilli un minimum de cinq ans, alors que les autres expressions américaines l’étaient moins d’un an. Il était alors tout simplement connu sous le nom de Club Whisky, car ce n’était que les membres de clubs de péteux qui le consommaient. C’est l’arrivée imminente de la Prohibition qui poussa Walker à déménager sa distillerie peu après pour s’établir finalement à Windsor en Ontario.

Vers la fin du 19e siècle les distilleries américaines, voulant freiner la popularité du Club Whisky, insistèrent pour que la bouteille porte la mention “Canada” pour le différencier de leurs propres whiskys. Cela n’a eu pour effet que de mousser sa popularité, le bon vieux Canadian Club étant maintenant un produit “exotique” aux yeux du consommateur américain moyen. Pendant les années de la Prohibition, on dit même que le bandit notoire Al Capone fut l’un des plus gros clients de Canadian Club, passant soi-disant des milliers de caisses sous le nez des douaniers américains.

L’expression de base du CC, appelée Premium, est la plus populaire de nos jours et est vendue dans plus de 150 pays. Elle sert souvent de blender pour les cocktails. Mais ce n’est pas celle sur laquelle nous nous arrêterons aujourd’hui. Dans un esprit d’ambition je vise une coche au-dessus et je vous présente le Canadian Club Classic 12 ans qui a baigné dans des barriques de chêne blanc neuves pendant, comme l’indique son nom, douze ans.

Comme le disait si souvent feu l’ex PM Pierre Elliot Trudeau:

Jamais je ne voudrais faire partie d’un club qui accepterait de m’avoir pour membre…

D’une couleur aussi cuivrée que feu la cenne noire fraîchement frappée, plongeons dans le vif de la dégustation.

Nez:
Sucré, vanillé, plutôt herbeux et fermé. Une touche de colle à bois essaie de percer. Aucun rye en vue.

Bouche:
Une sorte de magie insolite s’opère. À peine huileux, rayon de miel avec une bonne dose d’épices. Sirop d’érable dilué, mais différent du Sortilège.

Finale:
Très courte. un tout petit peu de vanille et de raisin qui se volatilisent en criant lapin.

Équilibre:
Tout se passe en bouche. Un bel effort mielleux. Prix justifié. Excellent choix quand on est pas assez sûr d’être remis d’un rhume pour boire des trucs plus ruineux.

Note: 2/5

-Martin Vigneault

%d bloggers like this: