J’ai eu dernièrement la chance et surtout je dirais le reflex, car il faut faire très très vite, de me procurer le second embouteillage du tout jeune embouteilleur indépendant “Dramfool”.

Ma curiosité naturelle m’a conduit à prendre contact avec l’initiateur du projet et surtout tenter d’en savoir plus.

La naissance d’une maison d’embouteillage, c’est un événement, imaginez les débuts de Gordon & MacPhail et personne pour s’y intéresser?!

C’est aussi possiblement de la fraîcheur, une vision autre du métier, la potentielle rareté future des premiers embouteillages… Moi ça me fait rêver!

Ne risquant qu’un fin de non recevoir, j’ai envoyé un mail à Bruce Farquhar, installé à Edimbourg et celui-ci à eu l’extrême gentillesse de se prêter au jeu.

Le Blog: Bonjour Bruce. Pouvez-vous nous parler de vous et de votre projet Dramfool?

Bruce Farquhar: Je suis amateur, collectionneur de whisky depuis vingt ans et membre actif de la Scotch Malt Whisky Society. A ce titre j’assiste à de nombreuses dégustations et festivals consacrés à celui-ci.

L’idée de créé Dramfool est venue après avoir pour un groupe d’amis, organisé la mise en bouteilles de cinq fûts, dont la première à eu lieu en 2010.

Bien qu’ayant pris beaucoup de plaisir à organiser cela, je me suis rapidement senti limité dans mes choix.

Alors j’ai décidé de tenter seul l’aventure, pouvant du même coup décider du fût jusqu’à l’étiquette à apposer sur la bouteille.

En avril 2015 j’ai pris une licence qui m’autorise à commercialiser de l’alcool, ainsi qu’à pratiquer le négoce, la société Dramfool Ltd prenant par la même occasion son envol.

Pour mon premier embouteillage j’ai eu la chance de pouvoir me procurer un bloodtub de cinq ans, qui est en réalité un petit fût de 30 Litres ayant contenu du sherry.

Celui-ci a été produit et embouteillé par Bruichladdich à seulement 42 exemplaires au taux naturel de 61,4%.

(La distillerie détient seulement 250 de ces tonneaux, fabriqués à la demande de Jim McEwan, qui ont étés livrés sur Islay avec cinq litres de Sherry Oloroso dans chacun d’entre eux. Le whisky a donc bénéficié d’une maturation rapide étant donné la proportion de bois comparativement au contenu).

Pour l’instant Dramfool est une activité complémentaire, car j’ai un emploi dans un domaine totalement en dehors du monde du whisky.

Mais qui sait, peut-être qu’un jour je pourrai vivre de cela et en faire mon activité principale.

Pour l’instant en tout cas, mon intention est de proposer deux ou trois fûts chaque année.

L.B.: Comptez-vous embouteiller d’autres distilleries?

B.F.: En effet, j’espère pouvoir trouver un fût de Lagavulin pour la fin d’année.

 

L.B.: Plus tard pensez-vous faire vieillir le whisky vous même?

B.F.: Bien entendu c’est le projet à long terme. Pour le moment je dois encore pratiquer de la façon actuelle et ensuite je compte essayer de me construire un portefeuille de fûts, de telle façon à pouvoir en avoir deux ou trois qui soient à maturité chaque année.

L.B.: Quelle est la ligne conductrice de votre jeune entreprise?

B.F.: Je me laisse conduire par ma passion du whisky. J’ai toujours voulu travailler pour l’industrie du whisky, n’ayant reçu aucune proposition dans ce sens, j’ai pris la décision de ma lancer seul.

 

L.B.: Quelle est la symbolique de votre logo?

B.F.: Il s’agit d’un jeu de mots, qui signifie un un verre rempli, Dram Full, and damn fool!

 

Merci Bruce d’avoir bien voulu répondre à mes quelques questions.

La seconde release est également un Bruichladdich, je n’ai réussi à en avoir qu’une des 187 bouteilles et c’était sur le fil.

Il s’agit d’un whisky mis en fût le 1er juin 2006 et embouteillé le 20 mai 2016, ce qui donne un âge précis de 9 ans et 354 jours.

Il s’agit toujours d’un cask strength de 58,2%, un fût de sherry tout frais, il n’y a qu’à voir la robe acajou de ce jus, dont je vous propose ma note de dégustation.

 

  • Bruichladdich 9Y ‘Dramfool’ 01/06/2006 – 20/05/2016 Fresh Sherry Hogshead n°507, 58,2%, 187 bottles.

Nez: Du clan, de la valda. Une superbe fraîcheur se dégage du verre. Des fruits rouges, des fruits confits, dattes, figues, raisins. De la guimauve. Un vieux meuble couvert de cire d’abeilles. Pour un whisky qui n’a pas encore soufflé ses dix bougies, c’est magnifique. Du chocolat avec un taux élevé de cacao. Il y a aussi quelque chose comme de la sauge, ou du laurier.

Bouche: La bouche est vive et se dégagent des arômes incroyables de café, de moka, toujours de dattes, de figues. Une goutte d’eau qui n’est par ailleurs pas du tout indispensable au nez, va rendre la bouche à la fois plus grasse et ivre de chlorophylle.

Finale: Sèche mais pas trop. Cette bouffée d’air frais qui fait vraiment du bien. Un mélange de tabac et de thé à la menthe. Que du bonheur!

Bravo Bruce et amis du whisky, si je peux vous recommander quelque chose, gardez un oeil sur ce petit nouveau.

%d bloggers like this: