Évalué par Thomas Favre (http://www.whiskyandco.net)

Alors que la distillerie vient de passer sous le joug de Brown-Forman, nous étions tentés de tester cette version brute de fût issue du modèle à succès de Glendronach, autre Speysider du même groupe. La recette du succès des whiskys sans âge a t-elle été trouvée ?

Nez : on a une belle rondeur fruitée qui ne choque pas pour un Benriach. On commence sur les fruits blancs et jaunes (pommes, abricots) tandis qu’on a un regain de crème à la vanille et de glace à la noix de coco. On est bien sur un dessert avec des notes de sucre glace mais également des épices (carvi, muscade) et un boisé moins attendu. L’ouverture apporte quelques fleurs et un mélange de chocolat et des céréales bien présentes (type Kinder Country). Des notes de levures maltées sont là pour restreindre l’ensemble des odeurs.
L’alcool se fait globalement sentir malgré la douceur fruitée. Il faut vraiment lui laisser du temps pour qu’il se calme, arborant même des touches de menthe le moment venu.
Un joli nez, pas trop uni-dimensionnel mais qui petit à petit a tendance à se déporter sur les céréales. C’est dommage. L’eau semble lui redonner un peu de gaieté, notamment grâce à un fruité plus marqué (pomme, ananas).

Bouche : la texture est un peu trop brûlante avec l’alcool. Les saveurs ont du mal à être bien exploitées. On perçoit un départ sur le malt, la levure et la pomme (séchée), tandis que le sucre glace, l’abricot, la vanille et les épices dominatrices (carvi, poivre noir, cannelle) doivent attendre la seconde partie de bouche. Cela paraît plus sec dans l’ensemble malgré une présence sirupeuse.
L’eau met en avant la qualité de la texture, devenue beaucoup plus huileuse. Au niveau des parfums, ce n’est pas tout à fait la même histoire. La pomme et le sucre glace se font plus discrets tandis que les céréales dominent les débats durant la majeure partie de la bouche. Il y a également un peu de menthe en fin de parcours.

Finale : plutôt longue sur le poivre noir suivi de pommes et de vanille. L’arrière-bouche est sur la pomme et le poivre. Après dilution, la finale est très marquée par la pomme (oui encore), les épices et le sucre glace jusque dans l’arrière-bouche. Ce n’est pas plus mal, malgré la simplicité de l’association.

On reste un peu sur notre faim. On ressent ce potentiel qui vient se heurter à la dure réalité : un beau fruité, de la complexité mais un problème au niveau du curseur d’ajustement. Ainsi, les promesses du nez ne sont pas vraiment tenues.

Note: 84

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