50% alc./vol.
Distillerie BenRiach, Elgin, Speyside, Écosse

Ça faisait au moins 200 articles que je n’avais pas visité un malt de la distillerie BenRiach, et ça fait du bien de replonger là-dedans. Ça fait du bien aussi de publier enfin un article auquel je peux ajouter une belle photo de whiskyporn.

On y va aujourd’hui, à peine quelques jours après l’équinoxe, pour une expression massivement tourbée de BenRiach, le Solstice 15 ans. Massivement mais inhabituellement, du moins traditionnellement pour un embouteillage du Speyside. Le fruit de cette distillation a ensuite dormi pendant au moins 15 ans dans un mélange de barriques de bourbon et de porto Tawny de la région septentrionale de Douro au Portugal.

Comme le disait on ne peut mieux l’écrivain et journaliste écossais Charles Mackay (1814-1889):

Il vaut mieux creuser sa tombe avec sa fourchette qu’avec une pelle. C’est plus agréable et c’est plus long.

Roux-rosé tirant sur un crépuscule orangé.

Nez:
Nous surprend sans crier gare. Des arômes vineux de raisin et d’épices, comme un sherry, mais tellement plus doux et plein d’assurance à la fois. Le tout enveloppé dans un délicat cuir tourbé et sucré. une force déchaînée parfaitement contrôlée.

Bouche:
La tourbe nous prend fermement par la main pour nous faire traverser des champs de fruits sucrés mûrs, pour atterrir sur les lattes boisées de ce fût expérimenté. De belles épices pointent par-ci, par-là pour exciter le tout.

Finale:
Les épices langoureuses étirent la finale et déposent partout en bouche les traits caractéristiques de son fût de vin fortifié.

Équilibre:
La maîtrise des éléments qui rendent les finitions de sherry et de porto si délectables frise ici la perfection. La seule ombre au tableau, non-négligeable, provient de l’intensité de la tourbe, qui malheureusement éclipse le reste un petit peu plus à chaque gorgée.

Note: 4/5

-Martin Vigneault

«Vous avez bien dit portwood et peated?» C’est la phrase que je sers au barman qui me recommande chaudement cette bouteille parmi son inventaire impressionnant de quelque 400 bouteilles offertes au dram. «OK, j’embarque!» Ça me prend de la tourbe à tout coup (ou presque!) et d’ordinaire, j’entretiens quelque chose pour les cask finishes. Dès qu’il me tend le verre, la robe ambrée à tendance rosée me dit de rester sur mes gardes… Un whisky rose, ça me paraît douteux… Très vite, mes réserves sont dissipées par les effluves à la fois douces et complexes d’un Banyuls, agrémentées de la braise d’un feu de joie. J’y trempe mes lèvres et souris à l’arrivée de la tourbe qui prend toute la place pour ensuite se muer en chocolat noir, et qui termine sa course en cerise noire. Ce caractère fruité est accompagné en finale d’accents boisés qui font que pour moi, l’équilibre est atteint.

-MarieH

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