Évalué par Thomas Favre

Arran avait envie de marquer le coup avec son vingtième anniversaire. Un assemblage de fûts de sherry oloroso issus des trois premières années d’activité de la distillerie (1995-1998) fut réalisé, ce qui nous offrit 5988 coffrets. Encore trouvable dans les 180-200€…

Nez : il semble être né sous le signe de la rondeur, le miel se montrant d’emblée. Derrière lui, il n’a pas foule non plus mais on va chercher diverses familles : pêche jaune, cacao en poudre, épices (poivre noir, cannelle), amandes caramélisées, poires vanillées… On ne peut pas dire que les fûts aient été les plus agressifs du monde. L’ouverture voit apparaître une certaine végétation riche (pesto, bonbon à la menthe, gingembre confit). C’est rond et pas inintéressant (il en faut pas exagérer) mais pas de quoi encore faire la fête en l’état… L’ouverture prolongée apporte un peu de caramel au lait et du café. L’eau n’a pas l’effet escompté. On neutralise l’ensemble autour des notes sucrées et des agrumes.

Bouche : c’est toujours très rond et cela avance en monobloc. La gamme aromatique se trouve être le miel, la pêche, la poire, l’amande et la vanille. La seconde partie de bouche est plus portée par les agrumes (yuzu, zeste d’orange déjà présent mais moins significativement) avec un retour du poivre et du gingembre. On gagne du dynamisme avec ce contraste apparu un peu tardivement. On reste frustré du manque d’ambition de l’ensemble même si ce n’est pas mauvais. La dilution a plus ou moins le même effet qu’au nez : plus de facilité mais une personnalité qui perd de son influence, très nettement.

Finale : moyenne avec une persistance plutôt inégale. Si on retrouve le miel, les agrumes et les épices en finale, ce sont les amandes, le cacao, du gingembre et des herbes fraîches (ramenant un peu d’amertume) qui finissent le boulot. La finale a le mérite d’être puissante mais paraît moins équilibrée. L’arrière-bouche, elle, semble un peu floutée.

Music Pairing : Carly Rae Jepsen – Call me Maybe

Sans prendre en compte son tarif plus que contestable, cette déclinaison officielle d’Arran ne marquera guère les esprits. Elle ne démérite pas mais son consensus manque d’allant et de sublimation.

Note : 84

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