Tous les ans, le dernier week-end du mois de mai est marqué d’une croix bien visible pour tous les aficionados de la distillerie d’Islay : c’est l’Ardbeg day ou « comment célébrer en grandes pompes notre sortie annuelle ». Après un Galileo décevant, un Ardbog décevant et un Auriverdes consensuel, il est temps de savoir si cet Ardbeg Perpetuum confirme la (mauvaise) direction choisie par Bill Lumsden…

Nez : cela ne débute pas comme un monstre de tourbe. On retrouve de la paille séchée, des céréales mais aussi une bonne dose de fruits secs (pécan, noisette). Il devient assez rapidement médicinale avec une tendance végétale (eucalyptus, camphre) au-dessus de coquilles d’huître. On a également une note légèrement métallique qui s’instaure. C’est pas mal ou plutôt ce serait pas mal si son caractère juvénile n’était pas aussi exubérant : pommes, poires, vanille. L’ouverture apporte du citron et un peu de réglisse. Bien conçu, sans risque, mais rien de renversant jusque là. On appréciera toutefois la fraîcheur de l’ensemble.

Bouche : c’est plus ardbegien avec ce mix de cendres et de caoutchouc qui vient brusquement sur le devant de la bouche. On a une sécheresse (paille, fruits secs perçus au nez) avant de vite passer sur le citron, la pierre froide, les algues iodées, le poivre gris et, malheureusement pour nous, toujours ces signes ostentatoires de jeunesse : pommes, poires, vanille. Une bouche attendue, pas désagréable mais sans charisme.

Finale : elle est moyenne, entre la tourbe médicinale et la fumée chimique avec du citron. L’arrière-bouche est plus sobre avec plus de citron, un retour de noisettes et cette fumée chimique

On aurait pu penser que pour fêter ses 200 ans, Ardbeg aurait voulu marquer le coup en nous proposant un embouteillage exceptionnel. Hélas, tout ce qu’il y a d’exceptionnel dans ce Perpetuum, c’est bel est bien le marketing qui l’entoure. Un whisky agréable à boire, bien ficelé, mais ô combien consensuel ! Jeune, sans défaut, mais sans qualité. Dommage.

Note: 84

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