Si rares ont été les bonnes découvertes pour les préparatifs de l’Ardbeg Day, le Dark Cove avait emmené la distillerie hors de sa zone de confort traditionnelle. Voyons donc si le passage en fût provenant de la mer Noire est complètement à l’ouest ?…

Nez : jeune ? En tout cas, la poire, le sucre vanillé et le citron semblent les seuls indicateurs de ce nez bien évidemment tourbé. On a quelque chose d’assez marin (algue, fleur de sel) tandis qu’une patte fumée (bacon, fumoir) se développe avec le temps. L’aération permet de gagner un peu de pain de mie mais surtout une pleine bouffée de fraîcheur (eucalyptus, pierre humide). On a même un effet pommadé (baume du tigre) qui s’instaure avec l’ajout de citron confit, de bois et de cannelle avec le temps. Alors certes la tourbe est agréable et multi-facette mais les notes secondaires sont trop caricaturales. Avis positif mais mitigé jusque-là. On saluera d’ailleurs la patine moins chimique qu’à l’accoutumé au niveau de la tourbe. L’eau lui ôte sa complexité même s’il devient extrêmement frais tout en conservant son sucre.

Bouche : la texture est bien riche avec une jolie amplitude. L’entame de bouche est prometteuse avec ce petit kick de chocolat noir mais on déchante un peu trop rapidement avec une note végétale sucrée dominante. En effet, la tourbe plutôt médicinale se pare toujours de fraîcheur (eucalyptus,menthol) mais reste complétée par du citron, du sucre vanillé (effet sucré prégnant) avant que le bois ne se manifeste. C’est assez bourrin et sucré tandis que l’amertume reste peu engageante. L’eau ajoute un peu d’amande et lisse l’ensemble. Toutefois, si le sucre est légèrement moins puissant, le bois se manifeste toujours avec une certaine virulence. Une alliance tout simplement peu maîtrisée.

Finale : on finit sur quelque chose de végétal (assez amer), du bois, du caramel et de la vanille. L’arrière-bouche possède plus de fumée et renoue avec l’esprit tourbé brut de décoffrage avec quelques herbes aromatiques brûlées, du citron, du sel et du bois (oui encore). L’eau fait ressortir le caractère du bois, principalement. Long et persistant mais pas transcendantal.

 

Note: 82

Un whisky mal dégrossi qui cache ses manquements derrière une tourbe plutôt alléchante. Malheureusement, il n’existe pas réellement de second degré de lecture et on arrive assez rapidement à saturation. Décevant dans l’ensemble.

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