Après l’Ardbog, l’Auriverdes et le Perpetuum, nous partons en direction de la face obscure d’Ardbeg, avec ce Dark Cove en version limitée. Voyons donc si l’on peut se réjouir à l’avance de cet Ardbeg Day 2016, sous le signe de la double maturation bourbon-dark sherry…

Nez : on a un joli fondu avec une tourbe qui n’est pas brûlante. On a une coloration carnée avec une tourbe médicale (armoire à pharmacie) et de l’huile de lin. On sent presque une texture soyeuse avec des noix, du caramel et du cappuccino. Il y a alors quelques pointes plus chimiques (caoutchouc) avec de la crème de banane. On passe alors sur les clous de girofle, les bonbons au caramel (Krema Batna) et des notes de résine de pin avec une pincée de sel. On a alors quelques choses de plus frais (aiguille de pin) mais on regrette la petite patine boisée (bois vert) qui tapisse l’ensemble.
Ensuite, on a un peu de jus de cornichon qui apporte un peu d’acidité avec un retour de la crème de banane avec de la vanille. Heureusement, il évolue de nouveau. Au final, il s’équilibre avec du camphre, du café et une pointe de cassis. Un nez joliment évolutif qui est meilleur lorsqu’il fait preuve de plus de densité. Par ailleurs, il est séquencé et on n’a rarement beaucoup de parfums en même temps. Un peu frustrant par moment mais assez lisible.
L’eau apporte de l’orange, un peu de citron et renforce le sel et la tourbe.
Pour ce qui est du fût difficile de se faire une idée… Un duo Oloroso-Pedro Ximenez ?

Bouche : la texture est agréable avec une chaleur bien présente mais l’alcool est un peu vif. L’entrée en bouche est clairement riche avec du chocolat noir qui dérive sur du café serré. On sent de la fumée mais surtout du bois qui vient très rapidement contaminer l’ensemble. On a également un peu de citron. C’est ensuite la foire d’empoigne au niveau des épices avec en tête du cumin et beaucoup de clou de girofle. Il y a par fulgurances des notes de cardons avec encore cette fraîcheur camphre-pin. On est quand même sur un profil plus sec et directif qu’au nez et c’est bien dommage.
L’eau lui rend un peu plus de gourmandise avec des oranges, le café et une tourbe entre camphre et jambon fumé (minoritaire) qui grossit. Toutefois, cela floute un peu l’ensemble des notes. On est encore dans ce système de roulement d’arômes composés de très petits groupes. On n’a pas une netteté idéale mais c’est un whisky bien senti.

Finale : avec de la fumée légère et du camphre avec le même bouquet d’épices (avec un peu de poivre noir). L’arrière-bouche reprend l’acidité du jus de cornichon avec du fumé (jambon sec) et du café serré.

Note: 87

Une belle surprise assurément. Un Ardbeg plus engagé qu’à l’accoutumé qui aurait mérité une balance et une complexité plus marquées en bouche. Les fûts ont, en tout cas, été bien vivaces.

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